• Victoria JACQUES

Série : COMMENT TIRER LE MEILLEUR PARTI DE VOTRE PERFECTIONNISME ?

Article 2 : Les 6 inconvénients du perfectionnisme

Ceci est le 2ième article de la série sur comment tirer le meilleur parti de son perfectionnisme ?

En apparence, être perfectionniste semble parfait. Non seulement vous avez un sens aigu des détails, mais vous êtes toujours prêt à vous dépasser pour atteindre un nouveau grand objectif, celui que personne n'a jamais atteint auparavant. Vous dépassez toujours les attentes des autres avec le travail que vous fournissez et la qualité de celui-ci est incomparable.

Pourtant, être perfectionniste a ses inconvénients. Et ces inconvénients ne sont apparents que lorsque vous prenez suffisamment de recul pour y réfléchir.

Voici donc les 6 principaux inconvénients du perfectionnisme.

1. La procrastination

Bien que cela puisse sembler ironique, la procrastination est un problème récurrent chez certains perfectionnistes. Les perfectionnistes chroniques tergiversent longuement sur leurs objectifs, même si ce sont des objectifs qui les intéressent particulièrement.

Pourquoi ?

Tout d’abord, un perfectionniste a tendance à avoir une vision parfaite de la façon dont les choses doivent être faite. Ainsi, quand il est temps de se mettre au travail, il se montre extrêmement soucieux des détails, commence à être obsédé par chaque chose, s’enlise dans chaque problème et se laisse gagner par le besoin de tout créer parfaitement. Au fil du temps, soutenir une telle attention constante devient trop douloureux, ce qui conduit à la procrastination. Le fait de reporter une tâche permet d’obtenir un certain soulagement, mais cela ne fait que repousser la douleur attachée à chaque tâche.

D’autre part, les perfectionnistes ont besoin que toutes les conditions soient parfaitement réunies pour se mettre au travail.

Ils ont d'abord besoin de suffisamment de temps, puis les conditions A, B et C doivent être réunies, ensuite ils ont aussi besoin que X, Y et Z soient en place. Alors, une fois toutes ces conditions satisfaites, ils seront prêts à se mettre au travail.

Tant qu'aucun élément n'est là, ils n'ont pas envie de commencer. Ils reportent simplement les choses encore et encore, en attendant juste ce moment « parfait » pour faire les choses de façon « parfaite ».

Mais au bout du compte le perfectionniste se leurre, car à force de repousser ses tâches au nom du perfectionnisme, il finit par ne rien faire du tout. Il vaut toujours mieux essayer, même si le résultat est médiocre, cela fait au moins une base sur laquelle construire.

Le perfectionnisme qui mène à la procrastination est un piège dans lequel on abandonne nos objectifs, au nom de la « perfection ».

2. Une vision faussée de la réalité

En tant que perfectionniste, je ne sais jamais quand m’arrêter, quand cesser de peaufiner les choses, quand cesser de les améliorer pour enfin mettre un point final à la tâche. Je n’arrive pas à déterminer quand le travail effectué est passable, bon ou excellent, car pour moi il n’est jamais assez bien et peut toujours être amélioré.

En fait, le perfectionniste a couramment une vision très précise et extrême de la qualité que doit avoir chaque réalisation. Ce point de vue est probablement fondé sur des motifs solides, tels que des normes personnelles élevées et l'expérience.

Pourtant, ce point de vue peut parfois être biaisé, dans la mesure où si un perfectionniste peut penser qu'un travail doit satisfaire aux critères A, B, C, D et E pour être considéré comme génial, ce n'est peut-être pas le cas. Peut - être que la qualité du travail est davantage basée sur les facteurs A et B, que sur C, D et E. Mais en essayant de perfectionner chaque chose, nous pouvons parfois perdre de vue l’essentiel. Parfois, nous pouvons également nous épuiser émotionnellement et consacrer beaucoup de temps juste pour atteindre ce parfait résultat final. Mais à quel prix ?

3. Un profond mal-être

Mon perfectionnisme m’amène souvent à être en conflit intérieur. Soit je me blâme pour des choses que j’ai mal faites ou qui n’atteignent pas le niveau de qualité que je souhaite, soit je me fustige de ne pas avoir réalisé autant de choses que je le voudrais. Je m’en veux quand je vois toutes ces choses que je souhaite faire et que je n’arrive pas à initier.

Il m’arrive même de m’en vouloir quand les gens que j’accompagne n’avancent pas, alors que j’ai fait de mon mieux pour les aider. J’ai toujours cette petite musique en tête qui me chante : « es-tu sûre d’avoir vraiment tout tenté pour les aider, as-tu vraiment fait ton maximum ? N’as-tu rien n’oublié ? ».

Je réalise finalement qu’être perfectionniste crée des luttes internes qui, au bout du compte, génèrent du malheur. Les perfectionnistes sont sans cesse en difficulté avec les tâches qu’ils ont à réaliser et refusent généralement toute aide extérieure. Ils fixent des attentes énormes sur la qualité de leur travail, mais tergiversent dans la réalisation de leurs tâches.

Ils visent la perfection et la précision dans tout ce qu’ils entreprennent, mais cette exigence les rend malheureux. Finalement, ils construisent un monde d’exigences dans lequel ils souffrent chaque jour.

De plus, être obsédé par l’atteinte de la perfection procure de l’anxiété car on craint toujours de ne pas être à la hauteur. Certains peuvent en devenir autoritaires, obsessionnels, voire acariâtres. Leur perfectionnisme les plonge dans une insatisfaction permanente et ils repoussent toujours et encore le point final de leur réalisation, pensant qu’ils n’ont pas tout vérifier, qu’ils pourraient encore enrichir leur travail, faire mieux. Mais leurs attentes sont si élevées !

Bien sûr, chaque perfectionniste a un ressenti différent. Certains éprouvent des sentiments récurrents d’insatisfaction, tandis que d’autres vivent dans le regret permanent de petites choses. Si, vu de l’extérieur, être perfectionniste semble être une bonne chose, en réalité le perfectionniste souffre profondément, au prise avec la culpabilité et d’immenses attentes envers soi-même.

A des stades extrêmes, certains perfectionnistes sont déprimés. Cette déprime, associée à une faible estime de soi et une incapacité à demander de l’aide, peut parfois et malheureusement conduire, au mieux, à une dégradation de la santé, au pire au suicide.

4. Un impact sur la santé

De nombreux perfectionnistes sont tellement obsédés par l’atteinte d’un certain niveau de qualité, qu’ils en oublient de prendre soin d’eux.

J’ai fait partie de ceux-là, travaillant 12 à 14 heures par jour, 7j/7, semaine après semaine et mois après mois. Je ne connaissais aucune limite dans mon besoin de perfectionner mon travail. Ma mission et les délais auxquels j’étais contrainte, me semblaient bien plus importants que ma santé. D’ailleurs, je n’y pensais même pas. Je « devais faire » et « faire très bien », j’aurais le temps de me reposer plus tard !

Mais, évidemment, ça n’est pas un rythme soutenable dans la durée. Un tel comportement est imprudent et nuisible pour la santé. Je l’ai appris à mes dépends, quand un burn-out est venu frappé violemment à ma porte, me bloquant net dans ma course folle.

De nombreuses recherches ont montré une corrélation entre le perfectionnisme et une dégradation de l’état de santé :

  • Dans une étude réalisée en 2010 par l'Université de Coimbra (Portugal), il a été constaté que les perfectionnistes ont plus de difficulté à s'endormir et à rester endormis que les autres sujets. L'une des raisons évoquée est la peur de l’échec. On sait qu'un sommeil insuffisant augmente le risque de diabète, de certains cancers, de crises cardiaques, d'accident vasculaire cérébral et d'Alzheimer précoce.

  • Dans une étude suédoise portant sur 383 personnes, il a été constaté que le perfectionnisme est en corrélation avec le niveau de problème lié au sommeil. Dans une deuxième étude, menée par une clinique des troubles du sommeil et visant 70 patients souffrant d'insomnie persistante, il a été constaté que ces patients avaient des scores significativement plus élevés que la normale sur l’item perfectionnisme. On émet l'hypothèse que le perfectionnisme peut servir de facteur prédisposant au développement d'une insomnie persistante.

  • Une étude portant sur 100 patients atteints de crise cardiaque, a montré que les perfectionnistes guérissent plus lentement et ont un risque plus élevé de développer des problèmes cardiaques supplémentaires. Trois facteurs, qui ralentissent la guérison, ont été identifiés : tout d’abord le stress dû à la pression que les perfectionnistes exercent sur eux-mêmes ; puis les émotions négatives et chroniques liées à une absence de joie dans leurs réalisations ; et enfin, le manque de soutien social.

  • En 2007, une recherche de l'Université d'Auckland révèle que les perfectionnistes sont plus enclins à développer le syndrome du côlon irritable après un épisode d'intoxication alimentaire. Les chercheurs ont suivi 620 personnes victimes d’un épisode aigu d'intoxication alimentaire. Ils ont constaté que le niveau élève de stress et d’anxiété, présent chez les perfectionnistes, favorise le développement de la maladie. La tendance des perfectionnistes à continuer malgré tout, jusqu’à ce qu’ils soient obligés de se reposer, aggrave et prolonge la maladie.

Cela signifie-t-il qu'un perfectionniste a automatiquement une mauvaise santé ? Pas nécessairement. Cela signifie juste que les perfectionnistes qui négligent leur santé, au bénéfice du travail et de la recherche de perfection, prennent le risque de voir celle-ci se détériorer.

La préoccupation constante des perfectionnistes d’atteindre un certain standard, sert de terreau à nombre de troubles comme l’insomnie, les maladies cardiaques et les maux de tête.

Par ailleurs, certains perfectionnistes se tournent vers la consommation compulsive d’alcool ou de nourriture, pour apaiser leur mal-être.

Finalement, après des années de négligence, nombre de perfectionnistes voient leur santé s’altérer considérablement.

5. Une difficulté à lâcher prise

Les perfectionnistes ont du mal à lâcher prise. Ils ne parviennent pas à relâcher le contrôle sur leur travail, les erreurs qu’ils ont faites et leurs imperfections.

C'est pourquoi, si vous êtes perfectionniste, vous avez probablement vécu ce qui suit :

  • Vous avez peur de déléguer, car vous craignez que votre travail soit gâché.

  • Vous pensez constamment au travail

  • Même après avoir délégué, vous continuez à vous soucier de ce qui peut se passer. Vous gardez toujours un œil sur le projet, même si tout le monde fait correctement son travail.

  • Vous passez beaucoup de temps à corriger de petites erreurs, qui ne font aucune différence.

  • Vous continuez à penser aux « échecs » du passé, même s'ils sont anciens.

Cette incapacité à lâcher prise vous entraîne à porter tout le poids du monde sur vos épaules, tandis que vos responsabilités ne cessent de grandir au cours de votre vie. Finalement la moindre petite chose de votre vie vous semble lourde à porter, alors que vous n’avez aucune raison de ressentir cela.

6. Une incidence sur les relations

Dernier point mais non des moindres, le perfectionnisme peut souvent compromettre les relations.

En effet, en tant que perfectionniste vous accordez souvent la priorité à votre travail, au détriment de vos relations. Cela entraîne une diminution du temps que vous passez avec les personnes que vous aimez. Lorsque les choses se compliquent, vous préférez consacrer tout votre temps à perfectionner votre travail, plutôt que de vous consacrez à vos relations.

Certains perfectionnistes « ramènent leurs problèmes à la maison », s’en prenant à leurs proches lorsque les choses ne vont pas bien. Ils sont si intrinsèquement connectés à leur performance, que famille et amis en font les frais lorsque ça ne se passe pas bien au travail, ce qui, reconnaissons-le, arrive presque tout le temps au regard de leur haut niveau d’exigence.

D’autres peuvent même imposer leurs standards de perfection à leurs proches, où s’attendent à ce que les membres de leur famille adoptent des standards similaires. C’est ce qui est en jeu quand une personne blâme son partenaire de ne pas faire le ménage de la même façon qu’elle, selon sa vision.

De toute évidence, une telle pression ne fait que plomber vos relations. En fin de compte, non seulement le perfectionnisme vous vide de vos forces, mais il épuise également vos relations et repousse vos proches.

Et vous, quel(s) inconvénient(s) ressentez-vous à être perfectionniste ?

Pourtant, malgré ces inconvénients, il est possible de tirer parti du perfectionnisme et de le gérer de manière à ce qu'il ne compromette ni votre santé, ni votre vie.

Ceci était le 2ième article de la série sur comment tirer le meilleur parti de son perfectionnisme ?

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