• Victoria JACQUES

Acquérir une discipline de fer : et si la volonté n’y était pour rien ?



Je suppose que, comme beaucoup, vous avez déjà essayé de changer une mauvaise habitude ou d’en acquérir une nouvelle, à la seule force de la volonté, en adoptant une discipline de fer ? Et, comme bon nombre, vous n’y êtes pas parvenus. Mais ne vous blâmez pas, c’est souvent ainsi que ça finit !

En général, on associe la discipline à la volonté. Par exemple, quand on voit quelqu’un qui se réveille à 5 heures du matin tous les jours, prend un petit déjeuner super healthy et fait une heure de sport, avant même d’être passé par la salle de bain, on suppose que cette personne à une discipline de fer. Mais en réalité, si on y regarde de plus près, on constate que cette personne prend vraiment du plaisir à suivre cette routine.

Ramener la discipline à une simple question de volonté est voué à l’échec, car lutter pour essayer encore et encore, ne fonctionne pas (l’exemple des régimes est parlant). C’est, en fait, tout l’inverse qui se produit. En effet, la volonté fonctionne comme un muscle qui, s’il est trop sollicité, finit par se fatiguer et lâcher. Par exemple, admettons que vous vous engagiez à suivre un nouveau régime alimentaire, associé à un nouvel entrainement physique et à une nouvelle routine matinale. La première semaine, tout se passe bien. Mais, petit à petit, au fil des semaines, vous retournez à vos anciennes habitudes. C’est un peu comme si vous décidiez, du jour au lendemain, d’entrer dans une salle de sport pour soulever 10 kilos de fonte. Pour avoir une chance de réussir, vous devez entrainer votre volonté régulièrement et sur la durée.

Oui mais, du coup, qui de la poule ou de l’œuf entre l’autodiscipline et la volonté ? Parce que pour construire la volonté, nous avons besoin d’une discipline de fer qui s’inscrit dans le temps. Mais pour être autodiscipliné, nous avons besoin de beaucoup de volonté. Alors, par quoi doit-on commencer ? Voilà tout le paradoxe lorsqu’on définit l’autodiscipline en terme de volonté.

Si nous ne prenions pas le problème dans le bon sens ?

Je prends souvent, comme exemple, mon expérience du Miracle Morning. Douloureuse expérience devrais-je dire ! Pourquoi ? Tout simplement parce que cette nouvelle habitude que j’ai voulu m’imposer, allait à l’encontre de ce que je suis. Il se trouve que je suis naturellement plus vaillante en fin de journée. Or si la discipline se fonde sur le renoncement de soi alors, dans la durée, elle est vouée à l’échec. Le déni de soi entraîne un dysfonctionnement émotionnel, un déséquilibre qui ruine notre capacité à l’autodiscipline.

Vous pouvez décider de vous mettre au sport ou d’arrêter de fumer, même si au fond vous n’en avez pas vraiment envie. Mais au bout du compte, si cela ne vous fait pas sentir rapidement mieux ou si vous n’en retirez pas rapidement un bénéfice, faute de volonté votre motivation s’estompera et vous cesserez le sport, reprendrez la cigarette.

Ainsi, me lever tôt ne m’a procuré aucun avantage tangible, aucun sentiment positif. A l’inverse, cela a diminué ma productivité et a eu un impact négatif sur mon humeur. Alors ma volonté a fini par s’épuiser (tout comme moi, lol !) et mes émotions ont pris le dessus.

J’ai ainsi découvert que pour avoir une discipline de fer, saine sur le plan émotionnel, il faut adopter une approche qui travaille avec nos émotions plutôt que contre elles.

En fait, pour répondre à la question « qui de l’œuf ou de la poule », je dirais que la discipline n’est pas basée sur la volonté ou l’abnégation. Elle est basée sur l’acceptation de soi.

S’accepter pour s’auto-discipliner

Imaginons que vous souhaitez perdre du poids mais que vous êtes très friand de sucreries. Vous avez donc décidé de faire appel à votre volonté et vous avez commencé un régime. Vous avez décidé de ne plus acheter de bonbons et de gâteaux, pour éviter toute tentation à portée de main.

Mais toutes vos tentatives ont échoué. A la moindre occasion vous vous jetez sur le premier bonbon que vous voyez et vous vous détestez pour ça. Et c’est bien là votre premier problème.

La première étape, nécessaire à la mise en place d’une discipline de fer (ou du moins, d’une bonne discipline), consiste à dissocier vos défauts des considérations morales. Vous devez accepter que céder à la tentation ne fait pas de vous une mauvaise personne. Nous cédons tous à la tentation, sous une forme ou sous une autre et nous nous sentons honteux. En fait, nous échouons tous à régner sur nos pulsions et apprécions de succomber de temps en temps à une bonne sucrerie.

Mais accepter cela n’est pas si simple, car nous ne réalisons pas à quel point nous passons notre temps à nous juger nous-mêmes. Nous sommes, pour nous-mêmes, un juge intransigeant et sévère. La critique intérieure est persistante et nos pensées saisissent chaque occasion pour nous faire sentir mal, au moindre petit défaut, au moindre échec ou à la plus petite imperfection. Toutes ces pensées intérieures nous ramènent à l’« horrible personne » que nous sommes.

Arrêtons de nous juger aussi durement. Soyons un peu compatissant envers nous-même. Comprendre et accepter nos émotions pour ce qu’elles sont, peut nous permettre de travailler avec elles plutôt que contre elles.

Se récompenser plutôt que de se blâmer

C’est ce que l’on appelle le renforcement positif. Il s’agit de trouver un moyen de se récompenser pour avoir adopté le bon comportement.

Reprenons l’exemple précédent. Je décide que si je passe trois jours sans manger de bonbons, je pourrais m’offrir un cappuccino à la terrasse du café du coin.

Voilà qui crée une situation intéressante, qui offre un plus grand avantage émotionnel à cesser les sucreries. Je crée une nouvelle habitude qui élimine ma honte, mon jugement interne négatif. Et sans vraiment déployer d’effort, sans faire appel à la volonté, je me découvre une discipline de fer. Ainsi, j’arrête les sucreries parce que cela me fait du bien et que trop de sucre présente un risque pour la santé.

Pour autant, les premiers temps, ça reste difficile de ne pas succomber à la tentation. La douleur ne disparait pas, elle est toujours là. Mais, maintenant, elle a un sens, un but. Voilà qui fait toute la différence. Je ne fuis pas cette douleur, je la poursuis et chemin faisant, je deviens plus forte, plus saine et plus heureuse. Et vu de l’extérieur, nombreux penseront que je déploie des efforts monumentaux, que je déborde de volonté. Alors, qu’au fond, il n’en est rien.

Mais il y a un autre élément

Je l’ai rapidement évoqué plus haut et pourtant, il fait toute la différence. Chaque action spécifique que l’on met en œuvre, pour nous amener à faire quelque chose, fait appel à la motivation. Une fois de plus la discipline n’est pas affaire de volonté, elle est affaire de motivation.

Se forcer à faire quelque chose que l’on n’a pas vraiment envie de faire, nécessite de la motivation. C’est sur ce point que nous devons nous concentrer. « Quelle est ma motivation à poursuivre cet objectif ou à mettre en place cette nouvelle habitude ? ». « Comment je pourrais maintenir cette motivation quand ce sera difficile ? ». Avoir une motivation est plus puissant que d’essayer d’avoir de la discipline. Et la clé de la motivation est de se concentrer sur le positif.

Voir petit et loin

Enfin, la meilleure façon d’échouer est de voir trop grand. On a tendance à se concentrer sur l’objectif final, alors que c’est le chemin qui est important. Parce que c’est sur ce chemin que l’on peut se perdre et tout abandonner. Inutile de foncer, du jour au lendemain, tête baissée sur son objectif. Il est préférable de découper l’objectif en petites actions ridiculement faciles.

Si mon objectif est d’arrêter de manger quotidiennement des sucreries, je ne vais pas me sevrer du jour au lendemain. Je vais juste décider, dans un premier temps, d’éliminer toutes les sucreries du matin. Si je le fais 30 jours d’affilés, autant dire que j’ai perdu l’habitude de manger des bonbons le matin. Alors, je pourrais décider d’éliminer les sucreries d’un autre moment de la journée et ainsi de suite, jusqu’à atteindre mon objectif.

Si un jour je flanche ? Pas de souci, je reprends à mon rythme dès le lendemain. Inutile de se flageller. Doucement…mais sûrement.

Et si je n’y arrive pas ? Alors j’ai déjà réussi quelque chose, puisque j’ai essayé ! Et, en plus, j’ai appris quelque chose. Puisque ce que j’ai essayé n’a pas fonctionné, alors je pourrais essayer quelque chose d’un peu différent la prochaine fois !...

« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. » - Nelson Mandela.

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